Les Misérables

Réalisé par Ladj Ly et sorti le 20 novembre 2019.

5 prix à Cannes dont le Prix du Jury et représentera la France pour Les Oscars 2020 dans la catégorie du meilleur film international.

Le titre du roman de Victor Hugo n’est pas choisi pas hasard quand nous savons les liens entre la ville de Montfermeil (93047) et l’auteur. Il n’est non plus utilisé par opportunisme, car le réalisateur montre bien, dans son premier film, la pauvreté des habitants du quartier « Des Bosquets ». Ceci est bien résumé dans le dossier pédagogique réalisé par leur distributeur Le Pacte:

[…] le film de Ladj Ly n’en est pas moins hugolien dans son ambition de saisir à bras le corps la France d’aujourd’hui et d’ausculter ses « misères » (titre initialement envisagé par Hugo). En suivant la journée d’un trio de policiers de la BAC patrouillant dans la cité des Bosquets de Montfermeil, Les Misérables montre la fragilité du lien social gangréné par la pauvreté, le désengagement de l’État, le racisme et le communautarisme…

La grande réussite du film (saluée par un Prix du Jury au dernier Festival de Cannes) est de ne jamais sacrifier à son indéniable souffle narratif (le film est haletant de bout en bout) la complexité du réel : le film prend le temps de donner une épaisseur à ses personnages et de montrer que, comme le disait Jean Renoir, « chacun a ses raisons ».

Nous suivons Damien, qui débarque de Cherbourg, dans sa première journée avec ses nouveaux collègues de la BAC. Le premier, Chris, utilise son pouvoir a mauvais escient, comme le démontre ses scènes de colères, de racismes et de comportement pervers. Concernant le second, nommé Gwada par Chris, nous comprenons vite qu’il est perdu dans son métier.

Pour reprendre la fin de la citation ci-dessus, chacun semble avoir des raisons de se méfier des autres. Le film présente une réelle tension. Tout d’abord, du côté de la BAC la tension est présente dès le début. Elle va monter d’un cran quand ils apprennent qu’un lionceau à été volé à des forains (la fameuse famille Lopez). Puis encore une fois quand un des trois protagonistes tire sur un enfant et qu’ils ont été filmés par un drone. Toutes les scènes avec les enfants sont violentes pour dénoncer la manière dont la BAC agit dans les cités. Suite à cette action, la tension monte maintenant du côté des jeunes et de ceux qui tiennent le quartier. La tension est à son comble à la fin du film où le réalisateur nous laisse sur une fin ouverte très éprouvante.

En plus de décrire une journée dans la peau de la BAC dans un quartier difficile, le réalisateur expose les actes de vengeances des jeunes de la cité face à tous les adultes qui les malmènent.

Tous les pronoms ici sont délibérément masculins. Il y a très peu de femmes dans ce film. Elles ont souvent qu’une seule scène de dialogue et ne reviennent plus par la suite. Pourtant ces scènes permettent de montrer deux choses.

La première est la manière dont la BAC se comportent avec elles. Un passage fort du film est: le contrôle effectué par Chris de trois jeunes filles à un arrêt de bus. Il abuse de son statut d’homme adulte et du statut de son métier face à des adolescentes non-blanches qui fumaient un joint. Il commence notamment à réaliser une fouille au corps sur une des trois, et lui spécifier « qu’on est en état d’urgence, je pourrai te mettre un doigt dans le cul si j’en ai envie ». Il les insulte et casse leur téléphone pour continuer à les violenter sous le regard effaré de Damien.

Le deuxième aspect qui est présenté dans ce film, est que ce quartier est un territoire d’homme. Les femmes ne sont pas présentes dans les prises de décisions pour essayer de dénouer l’affaire du drone ou du lionceau. Ce ne sont pas elles qui « tiennent » la quartier. Elles sont aussi dans un mimétisme des comportements des hommes, comme nous pouvons le constater quand trois jeunes filles viennent faire du chantage au propriétaire du drone qui les filmaient chez elles.

Pour finir cet article voici une autre citation du dossier pédagogique où le réalisateur Ladj Ly explique la genèse du film. Une fois de plus, je vous invite fortement à voir ce film.

Tout ce qui est dedans est basé sur des choses vécues : la liesse de la Coupe du monde évidemment, l’arrivée du nouveau flic dans le quartier, l’histoire du drone… Pendant cinq ans, avec ma caméra, je filmais tout ce qui se passait dans le quartier, et surtout les flics, je faisais du « copwatch ». Dès qu’ils débarquaient, je prenais ma caméra et je les filmais, jusqu’au jour où j’ai capté une vraie bavure. Dans le film, l’histoire du vol du lionceau déclenchant la colère des Gitans propriétaires du cirque est également vécue… J’ai
voulu montrer toute la diversité incroyable qui fait la vie des quartiers.

Citation: Dossier Pédagogique Le Pacte Image: Le Pacte et Allociné Vidéo: Youtube.

Abominable

Réalisé par Jill Culton et Todd Wilderman, sorti le 23 octobre 2019

Je continue mes articles sur les films d’octobre avec un joli film d’animation. Le nouveau Dreamworks est vraiment très bon et tout public, comme à leurs habitudes.

Tout commence sur le toit d’un immeuble à Shanghai, avec l’improbable renconte d’une jeune adolescente, l’intrépide Yi, avec un jeune Yeti. La jeune fille et ses amis Jin et Peng vont tenter de ramener chez lui celui qu’ils appellent désormais Everest, leur nouvel et étrange ami, afin qu’il puisse retrouver sa famille sur le toit du monde. Mais pour accomplir cette mission, notre trio de choc va devoir mener une course effrénée contre Burnish, un homme puissant qui a bien l’intention de capturer la créature car elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qu’il avait fortuitement rencontrée quand il était enfant.

Le scénario reprend l’idée du voyage initiatique, cette fois-ci accompli par une jeune fille et non plus un jeune garçon. En plus de vouloir ramener Everest chez lui, elle va réaliser un voyage lui permettant de faire la paix avec son passé.

Dans mes souvenirs, c’est la première fois que Dreamworks donne le rôle principale à une fille, et notamment une adolescente/jeune adulte. C’est pour moi un progrès pour s’adapter à la réalité, malgré encore quelques petits défauts. Elle est travailleuse, comme observé au début du film, mais encore une fois, elle doit se donner plus de mal pour justifier son salaire et pouvoir se payer son voyage. De plus, elle est souvent remise en question par Jin, jeune homme très arrogant au début du film. Le scénario aurait été tout aussi bon sans les scènes où elle doute à cause de remarque de la gente masculine. Le rôle des autres femmes est aussi stéréotypé dans mon sens. Nous voyons seulement la mère de Yi et sa grand-mère chez elles, entrain de préparer à manger et s’inquiéter pour Yi. Les autres adolescentes sont peu présentes. La méchante est assez caricaturale, et sa rousseur détonne parmi les cheveux bruns des autres personnages. Le film aurait été, à mon avis, tout aussi intéressant s’il relatait l’histoire de trois adolescentes, au lieu de vouloir une fois de plus rattacher l’héroïne à des hommes.

Malgré ses petits défauts, le film est magnifique et prouve encore une fois le travail d’actualisation des techniques des studios. Les animations amènent la magie au film, comme la scène où ils volent sur des nuages. Oui, j’ai oublié de la préciser Everest à des pouvoir magique. Ces pouvoirs se révèlent grâce aux morceaux de musique que Yi joue au violon. Ces scènes sont très bien réalisées et amènent encore une belle touche de poésie à ce film.

Au niveau de la conception, ce film est réalisé notamment par une femme Jill Culton (Les rebelles de la forêt, Monstre et compagnie), c’est elle qui a aussi écrit le scénario. De plus, deux femmes sont au commande à la production: Suzanne Buirgy et Rebecca Huntley (Baby Boss, Dragon 2). De plus, au niveau du travail de production, de réalisation et de doublage, les studios ont fait appel à des professionnels d’origines asiatiques, comme Tsai Chin (Insaisissable 2, Casino Royal) qui double Nai Nai, la grand-mère de Yi. Ainsi, même si le 50/50 demandé pour le monde du cinéma n’est pas encore atteint, cela prouve que certains studios tentent de faire des efforts en terme d’égalité des sexes et de mixité pour arriver à des résultats vraiment bon.

Vous l’aurez compris, je vous conseille une nouvelle fois de vous rendre dans les salles obscures pour rencontrer ce gentil monstre !

Citation: allociné Crédit photo: Universal Pictures France / allociné Crédit vidéo: Youtube

JOKER

Réalisé par Todd Phillips, en salle le 9 octobre 2019

Lion d’Or à la Mostra de Venise 2019.

Du 2 au 8 octobre 2019 se tient le Festival Première qui propose 8 films en avant-première. C’est à cette occasion que j’ai pu visionner Joker , le vendredi 4 octobre 2019. Dès la première bande-annonce, ce film m’avait donné envie. Pour une fois, je n’ai pas été déçu.

Dès son annonce et maintenant avec les premiers visionnages, le film était sujet à des débats et autres polémiques. Je ne rentrerai pas dedans, aussi pour éviter de vous spoiler. Le réalisateur a choisit de nous livrer une origin-story parmi d’autres de ce personnage iconique. Ainsi, les fans de Comics ne trouveront peut-être pas leur compte dans cette nouvelle ligne narrative. Pourtant, j’espère que le public sera apprécier la qualité cinématographique de ce film.

Le caractère sombre et fou du personnage est très bien retranscrit à l’écran, tant dans les lumières que dans les musiques. Joaquin Phoenix porte le film d’une manière remarquable. Son comportement initial et sa transformation au fur et à mesure du film, sont menés d’une main de maître. La manière dont se comporte avec lui les personnes qui entrent et sortent de son existence fait perdre fois en l’humanité.

Vous le comprendrez, je suis peu objective et toujours un peu émue, face à ce film qui rentre dans mon top de cette année 2019. Cet article n’est pas très long pour éviter de trop vous en dire. En tout cas, j’espère que vous irez le visionner et que vous l’apprécierez comme moi.

Lundi soir, je recommence ce festival avec Retour à Zombiland. Cette fois, j’attends plus un bon divertissement qu’un vrai chef-d’oeuvre, et j’essayerai de vous écrire un petit mot sur les réseaux.

Comme à mon habitude, je vous laisse avec la bande annonce du film.

Crédit vidéo: Youtube.

Crédit image: allociné.

Je ne suis pas un homme facile.

Cet article devait être publié sur une autre plate-forme en avril 2019. Je décide en ce mois de septembre 2019 de vous le proposer ici. En effet, beaucoup d’entre nous sommes déjà retourné.e.s au travail soit souvent dans des lieux où le sexisme et le patriarcat règne…

« Ils parlent tous comme des animaux 
De toutes les chattes ça parle mal 
2018 j’sais pas c’qui t’faut 
Mais je suis plus qu’un animal 
J’ai vu qu’le rap est à la mode 
Et qu’il marche mieux quand il est sale 
Bah faudrait p’t’être casser les codes 
Une fille qui l’ouvre ça serait normal »

Telles sont les paroles de la jeune chanteuse Angèle, qui cherche à dénoncer à travers sa chanson le sexisme ordinaire ou non, que les femmes subissent tous les jours. Cette chanson est maintenant accompagnée du très bon clip de Charlotte Abramow. Si vous n’avez pas eu l’occasion de le voir, foncez sur youtube ! Il y a aussi un making-off très sympathique.

Je ne vais pas faire cet article sur ce clip, mais sur un film sorti l’année dernière sur Netflix, le 13 avril 2018, et signé Eléonor Pourriat. En effet, avant le personnage de Raphaël dans Mon Inconnue de Hugo Gelin, sorti le 3 avril 2019, c’est celui de Damien joué par Vincent Elbaz, qui se retrouve dans un monde parallèle, dans une France matriarcale. Je spoile, mais le point commun des hommes de ces deux film est de se retrouver dans un monde parallèle, car ils ont été odieux avec une ou plusieurs femmes.

Nous argumentons souvent le podcast « Sorociné », dans lequel je participe, en expliquant que tout film réalisé par une femme n’est pas forcement féministe, mais ici c’est le cas. C’est un film féministe, réalisé par une femme et qui casse les codes, soit plusieurs bonnes raisons de vous en parler dans cet article.

Ce film est la version longue du court-métrage Majorité opprimée réalisé en 2010, par Éléonore Pourriat. En voici le résumé dans l’article de Thomas Messias «  »Je ne suis pas un homme facile »: la domination féminine, et puis quoi encore? » écrit pour Slate.fr, le 13 avril 2018 :

« Majorité opprimée raconte une journée presque ordinaire de la vie de Pierre (Pierre Bénézit), un homme comme les autres. Pierre croise une joggeuse torse nu qui le complimente, dépose son enfant chez l’aide paternelle, se fait siffler dans la rue, subit une agression de la part d’une bande de femmes, est accueilli sans délicatesse par la police lorsqu’il souhaite déposer plainte, subit les foudres d’une épouse lui reprochant sa tenue aguicheuse –tongs, short, chemise légèrement entrouverte. »

Soit toutes sortes de situations que nous pouvons vivre en tant que femmes. Selon le même article, le court-métrage a été vu presque neuf millions de fois et sept cent mille fois pour la version avec sous-titre anglais. Le film quant à lui est sorti sur Netflix dans 190 pays. Dans cette version, Damien se réveille dans un monde matriarcale et tombe amoureux d’une écrivaine croqueuse d’homme, Alexandra Lamour, qui va se jouer de lui. Cette histoire peut ressembler à beaucoup de films connus où un homme, aimant prendre du bon temps, se sert du talent d’une jeune femme. Noter le vocabulaire utiliser de manière complètement consciente, montrant déjà une différence de traitement sur la sexualité féminine et masculine. Il ne faut pas s’attendre à une histoire complètement originale. En effet, le scénario est classique : un couple se rencontre, se tourne autour, s’aime, se déchire, pour de nouveau se retrouver. Pourtant, ce qui est intéressant ici est l’inversion de la domination. C’est souvent les hommes qui mènent la danse dans les scénarios que je décris, ici c’est la femme. Eléonor Pourriat réalise donc une œuvre où l’effet miroir entre la société patriarcale et matriarcal est un des aspects les plus important du film.

Les différentes situations vécues par le personnage peuvent ressembler à un catalogue, mais elles reflètent bien les réalités vécues. Toujours dans le même article Thomas Messias écrit :

« La peur quasi-permanente, la sensation d’être un morceau de viande, l’injonction à sourire et à se montrer disponible: la quantité d’aberrations qu’Éléonore Pourriat parvient à pointer du doigt en si peu de temps donnerait presque la nausée. ».

Quant à la journaliste Arièle Bonte, elle liste d’autres éléments, dans son article « « Je ne suis pas un homme facile » : 4 raisons de voir ce film sur Netflix », écrit pour RTLGirl, le 5 mai 2018 :

« Quand Damien perd connaissance, ce sont « les pompières » qui viennent le chercher. Le cimetière du Père-Lachaise n’existe plus et a laissé place à la Mère-Lachaise. Dans la bibliothèque d’Alexandra, les noms des grands écrivains de la littérature française ont tous été féminisés tandis qu’au poker, les Reines l’emportent sur les Rois. Les hommes portent quant à eux le voile et les seins sont devenus un symbole de pouvoir que les femmes ne cachent pas. »

Voici d’autres exemples de scènes où l’inversions de rôles ou de propos grossissent encore plus les traits des situations problématiques. Au début du film, Damien se moque d’une de ses collègues pendant une réunion de projet. Déjà que le dit projet est assez dérangeant, il ne l’a laisse pas s’exprimer et la drague ouvertement. Il ne comprends pas que ce genre de situation puisse mettre une femme non consentante très mal à l’aise. Le lendemain, suite à son choc sur la tête, il retourne à son travail comme de rien n’était. En arrivant, il découvre une entreprise dirigée par des femmes, qui le matent et le sifflent à cause de son tee-shirt blanc très légèrement transparent. Puis, il est convoqué par sa cheffe d’entreprise. C’est la femme qu’il avait ridiculisé. Elle lui annonce que son projet n’est pas retenu, et il est horrifié par le projet qu’elle propose. Projet qui n’est que la version féminisée de ce qu’il proposait. Il est encore plus mal à l’aise quand elle lui propose de lui faire un cunnilingus pour que son projet soit accepté. En résumé, il se retrouve en position de victime d’une société dirigée par des femmes peu scrupuleuses et qui font des avances déplacées. Soit exactement l’entreprise que lui-même dirigeait dans sa vraie vie.

La deuxième scène dont je souhaite vous parlez est celle où Damien arrive chez Alexandra. Cette dernière apparaît quelques minutes avant dans le film seins nus en train d’écrire son roman. Éléonore Pourriat se confie sur cette scène à Cheek Magasine dans l’article «  »Je ne suis pas un homme facile » : la réalisatrice Eléonor Pourriat inverse les genres et tape juste. » du 13 avril 2018, les propos sont recueillis par Julia Tissier :

« Quand mon personnage féminin principal écrit torse nu chez elle, ce qui me plaît, c’est le trouble que ça provoque. On ne voit jamais ça au cinéma, ça nous renvoie plutôt à une autre image qu’on voit davantage: celle de l’homme qui écrit seul chez lui torse nu. Dans le film, l’actrice Marie-Sophie Ferdane est très belle, très sensuelle mais pas seulement, elle est également puissante. Habituellement, lorsqu’on voit une femme nue dans des films plus traditionnels, elle est sexy mais pas puissante. J’ai aimé changer ça avec une image qui prend le contrepied des représentations des femmes véhiculées par le cinéma. ». 

Ainsi, quand il arrive à son appartement-bureau, il la rencontre la chemise ouverte, comme s’il était d’accord pour voir son corps. De la part d’Alexandra c’est une marque de supériorité, du style : « je suis la patronne, je t’impose ce que je veux. ». Ensuite, elle laisse à peine Damien s’exprimer, le flatte alors qu’il en a pas envie, lui demande de faire son café et le laisse en plan sans indication de travail, encore une fois elle cherche à montrer qu’elle est la patronne. Cette scène peut sembler bizarre, mais c’est exactement de cette manière que peuvent se comporter certains patrons. Ne pas reconnaître chez leurs employé.e.s leurs qualifications, faire des remarques sur les tenues vestimentaires ou sur le physique qui n’ont pas lieu d’être, et affubler de petits noms de manière condescendante.

Pour finir, je veux parler d’une troisième scène courte, mais qui m’a marquée. Damien est dans un café avec le fils de son ami. Il sent que ce dernier ne va pas bien et le fait parler. L’adolescent lui explique qu’il est amoureux d’une fille, mais que cette dernière l’a coincé dans les toilettes et lui a ordonné de, je cite : « la lécher ». En tant que femme, je comprends, et vous aussi lectrice.s et j’espère lecteur.s, où est le problème. Pourtant, Damien est le parfait exemple montrant que la culture du viol perdure encore en France. Il lui dit en s’énervant à moitié d’oublier la demoiselle, d’oublier cette histoire et il ne comprends pas qu’il n’est pas pu sortir de cette situation sans exécuter les ordres de la jeune fille. Il tient exactement le genre de propos qu’il ne faut pas tenir, j’en suis persuadée, à une personne – femme et homme- victime de viol ou d’agression sexuelle.

Ces exemples de scènes, analysées dans l’ordre chronologique du film, montrent bien que le scénario va crescendo dans le sexisme, les propos violent et la violence elle-même. En effet, après avoir dit à l’adolescent de ne pas s’en faire, Damien va lui-même être victime d’une tentative de viol par des femmes dans un café. Dans cette scène, nous voyons bien que les autres femmes du café ne réagissent pas face à ce qui se passe. Certes, la tenancière du bar appelle ses amies, mais ne cherche pas à appeler la police, car je cite encore « elle ne veut pas d’ennuis ».

Je ne vous spoile pas la fin du film au cas où vous ne l’auriez pas encore vu, mais j’espère que cet article vous aura donné envie de le visionner. Je vous disais au début que je trouvais ce film féministe. La réalisatrice le dit elle-même dans l’article de Cheek magasine :

« Oui, on peut le dire! (Rires.) D’ailleurs, il serait temps que ce soit un mot que l’on utilise sans problème. Mon film est un film engagé, politique, féministe, et tout ça n’empêche pas qu’il soit drôle. »

Je vous invite aussi à consulter les articles que je cite tout au long de mon analyse. Ils sont riches et permettent d’approfondir d’autres aspects du film dont je ne parle pas ou peu. Je vous conseille aussi de regarder The mask you live in, documentaire américain de Jennifer Siebel Newsom, sur les masculinités toxiques et expliquant pourquoi les garçons peuvent avoir tels ou tels comportements.

Aussi d’écouter le podcast de Charlotte Bienaimé « Un podcast à soi » est plus particulièrement « Sexisme ordinaire en milieu tempéré ».

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire mon article jusqu’au bout. A très bientôt !

Source image: allociné, TV5 Monde et sens critique.

Teen Spirit

Réalisé par Max Minghella, sorti le 26 juin 2019

Entre ma découverte de la série Glee, qui vient de débarquer sur Netflix et les saisons de RuPaul Drag Race, mes visionnages sont très centrés sur la musique et la scène. C’est donc dans un esprit musical, que je suis partie voir le film avec Elle Fanning en tête d’affiche. Cette dernière fut une des membres du jury du Festival de Cannes 2019. Après sa bonne prestation dans le film biographique Mary Shelley -créatrice de Frankenstein- nous la retrouverons en fin d’année, où elle reprendra notamment son rôle de Aurore dans la suite de Maléfique.

Dans le film, Teen Spirit, elle joue Violet, une jeune femme de 17 ans, qui souhaite s’affirmer sur la scène musicale. Voici le résumé trouvé sur le site Métropolitain FilmExport :

« Violet, une adolescente passionnée par le chant, rêve de quitter sa petite ville et de devenir pop star.
Affublée d’un mentor improbable, elle participe aux auditions de TEEN SPIRIT, un télé crochet musical national, une expérience qui mettra à l’épreuve son intégrité, son talent et son ambition…
Par le producteur de LA LA LAND, TEEN SPIRIT propulse ELLE FANNING sur le devant de la scène dans cette histoire de Cendrillon des temps modernes. Sur fond de musique pop, il est question de devenir adulte, réaliser ses rêves et trouver sa voie. ».

Le film se passe, pendant une bonne partie, sur l’île de Wight, île anglaise au sud de L’Angleterre. Nous voyons donc une Angleterre plus rurale et plus modeste. Cela pèse sur Violet, qui doit enchaîner le travail dans sa ferme, le lycée, le travail et des petits concerts dans un bar. Nous comprenons vite que ce train de vie de lui convient pas et l’use. Elle est issue d’une famille d’immigrée polonaise, et son père est parti quand elle était très jeune. Son mentor -Vald- va devenir une sorte de père de substitution. Violet le rencontre un soir en sortant du bar où elle chante. Elle se trouve dans une situation très délicate où elle doit choisir entre attendre à l’arrêt de bus et se faire aborder de manière malveillante par une bande d’hommes, ou de monter dans la camionnette de cet vieil homme bourru qui la félicitée à la sortie du bar. Elle décide donc de prendre le risque de se faire raccompagner par cet homme.

Sans pour autant diaboliser tous les hommes dans ce film, nous voyons plusieurs scènes où l’adolescente se retrouve dans des situations dangereuses et Vlad vient la secourir. Bien que cela soit bénéfique pour Violet, nous sommes encore une fois face à un scénario où une personne de genre masculin est là pour aider une personne de genre féminin. Elle aurait pu le rencontrer autrement que dans une scène où elle est en danger. De plus, le scénario aurait pu la laisser se défendre par elle- même, dans une prise de conscience, dans la scène de la boite de nuit. Je suis peut-être tatillonne sur ce genre de détail, mais cela reste des exemples de soft-power des hommes sur des femmes. Leur relation aurait pu se développer en dehors d’un subtil rapport de domination.

En dehors de ces éléments, le réalisateur nous propose un film assez inégal. Les passages où elle s’épanouit sur scène et dans le concours sont intéressantes et belles. Les lumières et les mises en scènes apportent beaucoup à ces scènes. Elle Fanning dégage une très bonne énergie et nous offre de superbes reprises, comme la chanson Light de Ellie Goulding. C’est bien l’actrice qui chante et qui danse dans ces scènes, ce qui permet d’avoir un sentiment de véracité et de férocité de la part de Elle Fanning. Nous pouvons constater son évolution et son comportement contrasté entre la scène et son quotidien. Pourtant, les scènes hors du concours sont assez plates et l’enchaînement un peu décousu. J’ai eu l’impression que le réalisateur a tenté de faire un film un peu psychédélique, mais cela rame légèrement. Les autres personnages ne sont pas assez développer, cela empêche le film d’avoir un peu plus de profondeur.

Petite anecdote, le réalisateur joue Nick dans la série The Handmaid’s Tales. En dehors de ces remarques, le film est à voir si vous aimer l’univers des concours de chant et de la scène, ou seulement pour apprécier les prestations de Elle Fanning.

Crédit: allociné, Youtube

#Female pleasure

#plaisir féminin

Female pleasure affiche

Réalisé par Barbara Miller et en salle le 1er mai 2019.

Barbara Miller

« Sous nos contrées, selon une étude récente du Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCE), une fille de 13 ans sur deux et une fille de 15 ans sur 4 ne sait pas qu’elle a un clitoris. Et 83% des filles et 68% des garçons de 3ème et 4ème, ne connaissent pas la fonction de ce dernier. »

Voici un extrait de la présentation du puissant documentaire #Female pleasure, sur le site officiel du film.

La réalisatrice Barbara Miller suit des femmes de différentes origines pour retracer leur combat actuel contre le patriarcat, cité dans le film comme « la religion mondiale ». La religion est d’ailleurs un gros point de ce documentaire, qu’elle soit chrétienne, juive, musulmane ou bouddhiste. Derrière l’horreur des récit, nous avons l’espoir d’un monde nouveau où les hommes et les femmes sont sur un pied d’égalité, où le plaisir féminin est aussi important que le plaisir masculin. Avant de vous décrire ces cinq femmes, je vais d’abord vous expliquer pourquoi j’ai aimé ce documentaire.

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Tout d’abord, j’attends de ce genre cinématographique qu’il m’apprenne des choses et c’est le cas ici. J’ai pu élargir ma culture générale au niveau de la religion, de la santé et des cultures locales. En effet, les femmes sont japonaise, somalienne, américaine, indienne et allemande. Ensuite, ce type de documentaire est fait pour éveiller ou réveiller les consciences. Les sujets ici sont tellement graves, qu’il n’est pas possible de ressortir de la séance sans réfléchir à la société et à sa place dans cette dernière. Je me suis dit, une nouvelle fois, que malgré les limites de sa société, je suis chanceuse et fière d’être née et de vivre en France. Certes, l’espace urbain n’est toujours pas un terrain complètement sécurisé pour les femmes, mais il l’est déjà beaucoup plus qu’en Inde, comme nous l’explique la jeune femme originaire et habitant dans ce pays.

Bien sûr, je me suis intéressée et déplacée pour ce film, car se sont déjà des sujets qui me touchent. Beaucoup trop de jeunes filles et de femmes ne sont toujours pas propriétaire de leur corps, et qui ne s’est jamais regardé dans la glace un matin en se trouvant trop petite, trop grande, trop maigre, trop grosse, trop de fesses, pas assez de fesses, trop de seins, pas assez de seins. Le film commence avec des images pour moi dérangeante et très contrastée. Soit des femmes dénudées ou alors extrêmement couvertes, mais dans les deux cas dans une situation de soumission. Attention, certaines filles et femmes décident consciemment de se dévoiler, de se sexualiser ou alors de se couvrir, et j’en suis totalement consciente. J’ai déjà moi-même fait des photographies dévoilant des parties de mon corps, mais c’est moi qui choisissais lesquelles, comment, où le shooting était fait et avec qui. Les photographes étaient toujours des femmes. C’est aussi une manière de se réapproprier son corps. À contrario, certaines femmes se battent pour vivre leur religion de manière plus libérée. Par exemple de pouvoir porter le voile sans être jugé, notamment que les gens pensent qu’elle est soumise. Il y a d’ailleurs une très belle reprise de la chanson Balance ton quoi de Angèle -que je vous conseille aussi- par Molem Sister qui revendique le port du voile.

DeborahPour continuer avec la religion, une des première femme présentée est Deborah Feldman. Elle est née à Brooklyn -New-york- dans le quartier juif hassidique. Elle a été marié de force et contrainte d’avoir des rapports sexuels avec un homme. C’est donc un viol, car elle n’était pas du tout consentante. Elle a un fils avec cet homme là. Un jour, elle décide de partir de ce quartier et de cette communauté.  

Depuis la publication de son best-seller Unorthodox and Exodus , elle incarne un espoir pour nombre de femmes désireuses de s’affranchir de leurs communautés ultra-orthodoxes. 

Elle va, elle aussi, passer par la photographie pour s’émanciper. Son photographe est un homme qui a dû fuir l’Israël à cause de son homosexualité. Cela montre que leur religion n’accepte et ne respecte pas tout ce qui sort du cadre de l’homme hétérosexuel. Pendant sa séance photographie, elle va s’emparer d’un Talit, vêtement sacré destiné exclusivement aux hommes comme vous pouvez le voir sur la photographie.

Leyla

Puis, nous avons l’histoire de Leyla Hussein excisée quand elle n’était encore qu’une petite fille. Elle vient de Somalie un pays très pratiquant de la religion musulmane. Son combat est d’éradiquer cette barbarie. Son militantisme l’oblige à garder son adresse secrète pour éviter les attaques. Pourtant, cela ne l’arrête pas.

Aujourd’hui psychothérapeute, elle a notamment pris la parole devant les Nations Unies et le Parlement anglais, contribuant à changer le regard porté sur les jeunes filles mutilées ou à risque. 

Une de ses actions marquante dans le film est réalisée au près de jeunes hommes de la diaspora Somalienne notamment, à Londres, ville où elle réside. Leyla leur demande ce qu’ils pensent du sexe avant la mariage, de la sexualité féminine et de l’excision. Elle se rend compte d’une nombre d’idées préconçues qu’ils peuvent avoir. Suite à ces discussions, elle les amène dans une sorte de musée où elle a construit un vagin en pâte à modelé. Avec cette œuvre, elle leur explique les différents degrés d’excision qui existent. Pour cela, elle coupe et déchire à la cisaille : le clitoris, les petites lèvres et les grandes lèvres. Les jeunes hommes sont horrifiés. Ils comprennent enfin ce que subissent les femmes de leurs entourages.

En faisant cela, Leyla veut éclairer les hommes sur leurs comportements ou leurs passivités face à certains événements. Je suis totalement d’accord avec sa manière de procéder, car si les hommes ne voient pas la réalité en face, la cause des femmes ne pourra jamais avancer. Nous voyons ensuite qu’elle va discuter avec des hommes et des femmes dans des tribus du Kenya. Il est beau de voir les hommes qui prennent des initiatives pour lutter contre ce mal qui ronge le monde.

RodudenashikoDans ce documentaire, nous avons une autre version de moulage de vagin avec l’artiste japonaise Rokudenashiko.

Arrêtée et accusée d’obscénité, elle a risqué deux ans d’emprisonnement. Rokudenashiko prône avec véhémence l’acceptation de la représentation artistique du vagin, ainsi que la liberté dans son travail.

Dans le pays où, pour la fête de la fertilité, des pénis géants sont portés en triomphe, et où les mangas pédopornographiques foisonnent, l’artiste n’a pas le droit de s’exprimer autour de ces parties génitales. Ainsi, elle décide de mouler son vagin et de faire des petits paysages dessus, et de faire une modélisation 3D. Grâce à cette technologie, elle arrive à créer un canoë ayant la forme de son sexe. C’est suite à ces actions qu’elle va de voir répondre de ses actes devant le tribunal de Tokyo. Elle va être reconnus coupable d’avoir diffusé ces coordonnées vaginales sur internet.

Le Japon est un pays assez fascinant, et j’ai eu la chance de visiter Tokyo. Pourtant, je ne me verrai pas y vivre à cause de l’invisibilisation de la femme et de sa servitude. Une femme n’a pas besoin d’être complètement couverte de la tête au pied, ou cantonné à rester chez elle pour être soumise à un système patriarcal. Les femmes japonaises souffrent notamment dans le monde de l’entreprise où cela est très mal vue qu’elles soient enceintes. Pourtant, la famille les pousse à faire des enfants assez jeune.

DorisPour passer à un sujet beaucoup moins joyeux que le moulage de vagin dans un but artistique, nous apprenons le passé de Doris Wagner. Elle est violée à plusieurs reprises par un prêtre, alors qu’elle avait rejoint les Ordres pour devenir bonne sœur en Italie. Dorénavant,

Son objectif est d’établir la reconnaissance de la responsabilité et un changement des mentalités dans les instances supérieures de l’Église. 

Après plusieurs scandales sur la pédophilie au sein de l’Église catholique, très bien illustré par le film Grâce à Dieu de François Ozon sorti le 20 février 2019, c’est maintenant chez les bonnes sœurs que les langues commencent à se délier. Déjà que l’Église cherche à nier les scandales sur la pédophilie, elle est encore plus virulente face à cette nouvelle polémique qui enfle. Par exemple, la chaîne de télévision franco-allemande Arte a dû annulé le replay du documentaire Religieuses abusées. En effet, selon un article sur le site France Inter :

Ce documentaire devait être disponible en replay sur le site d’Arte jusqu’au 3 mai. Mais un prêtre allemand, qui n’est pas nommé dans le film, a estimé qu’il était reconnaissable : il a porté plainte en référé et le tribunal d’instance de Hambourg a ordonné à la chaîne franco-allemande de cesser la diffusion. 

Doris nous explique dans le documentaire que sa référente l’avait disputé, puis pardonné du pêché qu’elle avait commis. Encore une fois, c’est la victime qui est en tord. Aussi, elle raconte que durant l’audition au commissariat où elle a porté plainte, les commissaires n’ont pas accepté sa déposition, car il n’y a pas eu d’actes de violence ou d’usage d’armes. Pourtant, elle leur explique que dans les Ordres, les bonnes sœurs sont amenées petit à petit à un état de dépendance qui les rends vulnérable. Elles peuvent seulement penser à Jésus sous peine d’être accusé de ne pas être vierge d’esprit. Un point que je trouve important dans ce documentaire est que les différentes protagonistes ne disent pas qu’elles se sont complètement tournées de la religion, elles veulent pouvoir la pratiquer de manière plus sécurisée et avoir une vraie place dans leur culte et lieux de cultes. Plusieurs fois sont présentés des extraits de la Torah, de la Bible ou du Coran où les femmes sont décrites comme le mal. Il faut bien replacer le contexte où ces textes ont été écrits. Cela remonte à des centaines d’années et ils sont écrits par des hommes dans les sociétés déjà patriarcal. Ils ont été aussi recopiés par des hommes à des époques où le peuple ne savait pas lire. Ils sont maintenant interprétés par des hommes qui inculquent les principes détournés à des enfants. Ces derniers n’ont pas encore les moyens de prendre du recul sur ce qu’ils lisent ou entendent.

VithikaLa dernière femme dont nous suivons le parcours est Vithika Yadav. Elle dit elle-même que dans le pays du Kamasutra qui prône le plaisir, le plaisir féminin est complètement ignoré. Elle avance aussi que des politiciens ont ouvertement déclaré que le viol était acceptable, et que les hommes resteront toujours des hommes.

Dès son plus jeune âge, elle a appris à ne pas regarder un homme dans les yeux et à ne jamais sortir seule dans la rue. Toutes ces règles ne l’ont pourtant pas protégée de ce qui arrive chaque jour à la grande majorité des femmes indiennes : harcèlements et agressions sexuelles.

Malgré cela, elle décide de faire un mariage d’amour et de lutter pour un amour et une sexualité libérée dans son pays. Pour cela, elle créée une plate-forme numérique nommée Love Matters, pour permettre aux jeunes de se renseigner de manière sécurisée et avec les bonnes informations. De plus, elle milite dans la rue et met en place des performances pour alerter sur les attaques que subissent les femmes dans son pays.

Autour des sujets de l’émancipation des femmes en Inde, je ne peux que vous conseiller le petit documentaire Period. End of Sentence. (Les règles de notre liberté) de Rayka Zehtabchi, qui a reçu le prix du meilleur court-métrage aux Oscars 2019, et disponible sur Netflix. Les menstruations sont un sujet tabou en Inde, ce qui pose problème pour vivre normalement à cette période du mois. Les femmes doivent vivre recluses, car elles sont considérées comme impures. Elles doivent aussi très fréquemment arrêter l’école n’ayant pas les lieux nécessaires pour changer de protection.

end of sentence

Selon un article de Télérama :

Il n’en fallait pas plus pour faire trembler de rage Melissa Berton, prof au lycée privé d’Oakwood à Los Angeles. En 2016, elle monte avec des élèves le Pad Project. Son but : récolter des fonds pour envoyer dans le village rural de Kathikhera, à 70 kilomètres à l’est New Delhi, une machine à fabriquer des serviettes hygiéniques bon marché et une réalisatrice, Rayka Zehtabchi, pour en revenir avec un documentaire. 

Les femmes des villages vont donc s’approprier petit à petit la machine et vendre leurs serviettes hygiéniques à bas prix pour permettre aux femmes de tout simplement vivre pendant leurs règles. Je vous conseille aussi de voir le film Déesses indiennes en colère de Pan Nalin, qui revient sur les questions de sexualité féminine et de violence faîte aux femmes.

déeesses

Vous l’aurez compris à travers ce très long article, j’ai vraiment apprécié le documentaire de Barbara Miller. Elle met à la fois en avant l’horreur que les femmes subissent, mais aussi les combats qu’elles mènent avec l’espoir d’une meilleure vie pour nos générations et les générations à venir. Je n’ai pas pu m’empêcher de vous mettre beaucoup de référence, mais cela prouve que les combats menées par ces femmes ne sont pas isolés, et que nous pouvons toutes et tous, à nos échelles et nos capacités respectives, faire changer les mentalités.

Les citations sans références viennent du site officiel de #female pleasure.

Crédit photos: site officiel #female pleasure, allociné

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Mes films d’avril 2019

L’adieu à la nuit

Réalisé par André Téchiné et sorti le 24 avril 2019.

Après « Nos années folles » (2017) et « Quand on a 17 ans » (2016), André Téchiné nous livre un film sur une jeunesse ne trouvant pas sa place dans la société française de 2015.

Muriel est folle de joie de voir Alex, son petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada. Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

Tel est le synopsis de ce film trouvé sur le site Ad Vitam distribution. Catherine Deneuve se retrouve de nouveau cantonnée à un rôle de mamie perdue. En effet, Alex (Kacey Mottet Klein) décide de partir faire le djihad en Syrie avec sa petite amie Lila (Oulaya Amamra) et Bilal (Stéphane Bak). Ces derniers l’ont fait se convertir à l’Islam.

Le scénario part avec une idée actuelle et importante à mes yeux. Comment empêcher des jeunes de tomber dans un Islam qui les fera tuer en Syrie. Muriel rencontre notamment un homme, maintenant père, qui a combattue en Syrie au côté de l’armée islamiste. Il lui dit qu’il était un jeune homme banal, qui lisait des mangas, jouait aux jeux vidéos et au foot avec ses potes. Pourtant, il ne se retrouvait pas dans les idéals de la société française. Il dit  » la France m’ennuyait ».

Nous pouvons donc voir dans la décision de Alex, une manière de se construire, de faire quelque chose de sa vie. Nous comprenons au fil de l’histoire qu’il est orphelin, sa mère est morte et son père tout comme pour lui. Il a aussi raté le concours d’entrée en école de médecine et ne sait pas quoi faire de sa vie. Il se retrouve donc dans un moment de faiblesse, ce que doivent chercher les recruteurs du djihad. Ces aspects du personnage sont intéressants, car ils ne rentrent pas dans les clichés habituels du jeune homme d’origine maghrébine vivant dans une cité au fin fond de la Seine-Saint-Denis.

Certes, sa grand-mère semble être pied-noir, mais nous n’en savons pas vraiment plus. Cela donne quand même un passage du film intéressant, deux manières de vivre la religion. Pendant qu’ Alex, Lila et Bilal font une cérémonie religieuse, la jeune fille apprend le destin qui l’attend en Syrie. Celui d’une femme soumise, avec plusieurs maris et vivant enfermée. En parallèle, la famille de Youssef, ami de Muriel, célèbre la victoire à une course hippique de son fils. Une jeune fille se met librement à danser comme Sia en brassière autour de la table. Je dis deux manières de vivre la religion, car Youssef dit un peu plus tard qu’il est lui même musulman. Il est en train de célébrer sa famille, sa vie et laisse sa petite fille, sa belle-fille et son amie s’exprimer oralement et corporellement.

Encore une fois, le scénario part d’une bonne idée. Pourtant, le film n’est pas aussi réussi que je l’attendais. Le rythme est très lent, et les personnages, mis à part celui de Lila, semblent réciter leur texte sans grande émotion. Catherine Deneuve a un personnage assez mou qui ne réagit pas, dès le début du film, quand son petit fils se comporte mal avec elle. Il lui parle à peine, s’énerve vite et l’évite. Pour finir, le film aurait mérité bien trente minutes en plus, permettant de comprendre les actions de la justice envers les jeunes qui tentent de faire le djihad.

Un autre film Le jeune Ahmed semble parler du même sujet. Il est réalisé par les frères Dardenne et se retrouve en compétition du festival de Cannes cette année pour gagner la palme d’or. Il sera en salle le 22 mai 2019.

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Avengers: End Game

Réalisé par Joe et Anthony Russo, et sorti le 24 avril 2019. 

Pour comprendre et apprécier ce film, je vous conseille vivement d’avoir au moins vu Avengers: Infinity War (2018), sinon le film va être très long. En parlant de temps de visionnage, le film dure 3 heures. La bande-annonce prévoyait un film de folie et pourtant j’ai été un peu déçue.

Voici un résumé trouvé sur le site de The Walt Disney Compagny France:

Dans AVENGERS : ENDGAME, on retrouve les Avengers après leur défaite face à Thanos, le super-vilain qui, après avoir réuni les six pierres d’Infinité, a imposé sa volonté à toute l’humanité et exterminé au hasard la moitié de la population mondiale, dont de nombreux super-héros. Au lendemain de la défaite, les Avengers restants sont confrontés à la plus grande de toutes leurs épreuves : trouver en eux-mêmes la force de se relever et découvrir le moyen de vaincre Thanos une fois pour toutes.

C’est à partir d’ici que je commence à spoiler si vous n’avez pas vu le film. 

Je ne prétend pas être scénariste, mais je trouve que le voyage dans le temps était une solution de facilité. Il y a d’ailleurs une scène où certains Avengers citent le nombre de films qui tournent autour de ce principe. Le groupe décide de créer une machine à remonter le temps pour récupérer les différentes pierres de l’infinie avant Thanos. Nous nous retrouvons donc comme dans le film précédent à suivre plusieurs time-lines, car tous les personnages ne vont pas ensemble à la même époque. Ainsi, nous voyons de nouveau des scènes des précédents films. Cela peut-être un hommage au reste de la saga qui a commencé avec le premier Iron Man en 2008, mais je trouve que cela manque d’originalité. Puis, encore une fois, nous avons un mélange de tons – comique, sérieux, tragique-  et de lieux qui peut rendre un peu confuse la progression du film.

De plus, cela ne permet pas à toutes les histoires d’être développées. Nous avons bien Iron Man qui est maintenant papa et qui craint pour son avenir, et Nebula qui se retrouve dédoublée et qui doit se battre conter Thanos, mais les autres personnages sont traités assez rapidement. Au contraire, certaines scènes auraient le mérite d’être raccourcis. Les réalisateurs ont décidés de placer l’action du film cinq ans après les événements avec Thanos. Je me demande pourquoi les scénaristes et les frères Russo ont voulu faire une ellipse de cinq ans, au lieu de placer l’action directement après la disparition de la moitié de la population.

Peut-être est-ce pour rajouter des moments tirent-larme, déjà assez nombreux dans le film. Nous savons que c’est la fin d’une ère dans l’univers Marvel, et la réalisation nous le fait bien sentir. Notamment certains moments de discussions entre les personnages, ou la mort de Black Widow ou de Tony Stark. Certes, la mort d’un personnage est toujours triste, mais il est possible de la traiter avec moins de lourdeur.

Enfin, je trouve cela vraiment dommage que Captain Marvel soit quasiment inexistante. Je pensais vraiment qu’elle allait avoir plus d’apparition à l’écran. C’est aussi ça le soucis quand nous avons trop de personnage à faire évoluer en peu de temps. Le film dure trois heures, mais pour qu’un personnage parmi tant d’autres évolue correctement il faut encore plus de temps.

Vous l’auriez compris je n’ai pas été emballée par cette fin de saga Avengers. je vous l’accorde il reste beaucoup de personnages intéressants dans ce groupe qui peuvent faire de bon sujet de films ou des suites.  Disney et Marvel nous promettent déjà d’autres films comme Spider-man: Far from home, prévu pour le 3 juillet 2019 ou la suite de Docteur Strange qui n’a pas encore de date de sortie.

J’espère que vous avez mieux apprécié le film que moi, et pour ceux qui ont lu mon article sans avoir vu le film, je vous laisse avec la bande annonce.

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Mon inconnue

Réalisé par Hugo Gelin et sorti le 3 avril 2019.

Olivia (Joséphine Japy) et Raphaël (François Civil) se rencontrent par hasard au lycée. Elle s’exerce à devenir pianiste et lui cherche à écrire un roman de science fiction. C’est le coup de foudre et ils sont très amoureux pendant dix ans. Du jour au lendemain, Raphaël se réveille dans la vie qu’il aurait pu avoir s’il n’avait pas rencontré Olivia. Une vie « moyenne » par rapport à sa carrière d’écrivain, alors que Olivia est devenue une grande star du piano. Il va faire en sorte qu’elle retombe amoureuse de lui pour qu’ils retrouvent leurs anciennes vies.

Hugo Gélin nous conte leur histoire dans l’ordre chronologique. Il ne cherche pas à insérer de long flash-back explicatif quand Raphaël change de dimension temporelle. Je trouve cela plutôt bien choisi, car même si j’aime ce procédé cinématographique, je le trouve un peu trop présent ces derniers temps, ce qui lui fait perdre de son originalité. Le réalisateur nous présente donc Joséphine Japy et François Civil grimés en lycéen.ne passionné.e par leur art et qui tombent éperdument amoureux. Nous avons ensuite une série de courtes scènes s’enchaînant qui nous montre leurs parcours amoureux et de carrières, pour arriver au moment où Raphaël va changer de dimension temporelle.

L’intrigue du film à ses originalités mais n’est fondamentalement pas nouvelle. Un homme qui recherche à tout pris à reconquérir une femme est un scénario déjà vu et revu. J’avais peur de retomber dans la lourdeur du harcèlement et du stalkage. Sur ce sujet, je vous conseille d’écouter le podcast de Thomas Messias, Mansplaining épisode 7: Stalker ou séduire, il faut choisir.  Il parle assez justement de ce sujet à travers plusieurs films cultes. Je vous conseille aussi ces autres épisodes touchants à la masculinité dans le cinéma, sujet qui est assez proche de Mon Inconnue.

Pourtant, le film arrive à laisser de côté ses clichés et nous livre une belle histoire d’amour. Certes, Raphaël est très présent au près d’Olivia et de sa famille, mais il arrive à comprendre le non, et semble accepter de s’adapter au rythme d’Olivia. Il est plusieurs fois à deux doigts de tout arrêter. Cette réalisation est réussie aussi grâce aux personnages secondaires qui viennent rajouter un peu de piquant dans cette comédie romantique déjà drôle. Je pense notamment au personnage de Mélanie (Camille Lelouche) qui est censée être la petite amie/plan cul de Raphaël -selon le point de vu- dans sa nouvelle vie et Félix (Benjamin Laverhne) le meilleur ami du personnage principal dans sa vrai vie et dans sa nouvelle vie. Félix joue un personnage à la fois fou et légèrement dépressif, qui met souvent Raphaël dans des situations gênantes, tout en l’aidant grandement.

Je ne vous dévoile pas plus de ce film qui mérite d’être vu pour son scénario, son humour, sa folie et aussi ses très beaux morceaux de pianos.

Crédit photo: Allociné

Crédit audio: Soundcloud

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La lutte des classes

Réalisé par Michel Leclerc et sorti le 3 avril 2019.

École publique ou école privée ? C’est une question que tous les parents se sont sûrement un jour posée. C’est aussi la question que se pose Sophia (Leila Bekhti) et Paul (Edouard Baer). Après Télé gaucho en 2011 et Le nom des gens en 2010, Michel Leclerc nous offre un nouveau film sur les clivages idéologiques de la société française.

Paul et Sophia déménagent à Bagnolet dans un petit pavillon, au pied des tours où Sophia à grandit. Cinq ans plus tard, un élève est gravement blessé par un autre dans l’école de leur fils et beaucoup de parents aisés retirent leurs enfants de l’établissement. Paul et Sophia commencent à craindre pour la sécurité de leur fils. En voulant le protéger et faire évoluer les choses, ils ne font qu’empirer les situations.

Le film porte bien son nom. L’école est en effet un endroit où les différentes classes sociales sont assez flagrantes, surtout en proche banlieue parisienne. Les écarts se creusent encore plus dans le même quartier, quand les parents aisés retirent les enfants de l’école de secteur pour les mettre dans une école privée catholique. Il est notable que tous les parents qui ont ce geste sont « blancs ».

Le scénario évoque le regard que les parents peuvent se porter entre eux, concernant la manière dont ils élèvent leurs enfants respectifs. Aussi, il tourne autour du ressenti des parents. Sophia et Paul se demandent ce qu’ils doivent faire pour leur fils, s’ils ont raisons de vouloir le changer d’école ou non. Le dilemme est d’autant plus dure pour Sophia d’origine maghrébine, qui a fait toute sa scolarité à Bagnolet et qui a réussi à devenir avocate réputée. Paul, ancien Punk, se veut contre la société et large d’esprit, mais plus le film avance plus il sort des préjugés, et nous pouvons nous rendre compte qu’il a un gros problème avec la religion. Ces clivages vont mener le couple au bord de la rupture.

Je trouve ce film intéressant car il expose, au sein d’un couple pensant être soudé, les divergences d’opinions sur des sujets importants comme l’éducation et la religion. De plus, sans faire l’apologie de l’école public, le réalisateur montre qu’il faut lui faire confiance et qu’il faut surtout faire confiance à son enfant. En cherchant à tout prix le meilleur, il est possible de passer à côté de ce que l’enfant veut vraiment.

Crédit image: allociné

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Shazam!

Réalisé par David F.Sandberg et sorti le 3 avril 2019.

Après Aquaman, la licence DC s’attaque au personnage de Shazam. Ce film me fait penser à un Marvel du milieu des années 2000 dans ces monstres et son scénario.

Voici le résumé du film sur le site allociné:

On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d’accueil, il suffit de crier « Shazam ! » pour se transformer en super-héros.
Ado dans un corps d’adulte sculpté à la perfection, Shazam s’éclate avec ses tout nouveaux superpouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n’importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mains ? Et de sauter son examen de sciences sociales ? Shazam repousse les limites de ses facultés avec l’insouciance d’un enfant. Mais il lui faudra maîtriser rapidement ses pouvoirs pour combattre les forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana…

Ainsi, Billy Batson se retrouve malgré lui avec des super pouvoir. Dr Thaddeus Sivana est le premier enfant du film à être appelé par le grand sage, mais il n’avait pas été jugé digne. Il y retourne plus tard pour invoquer les monstres des sept péchés capitaux et se venger. Nous avons donc des scènes de combat avec des monstres puissants, mais dont le design n’est pas fantastique. De plus, même si les studios Warner Bros commencent à faire des efforts sur les effets spéciaux, les scènes de nuits sont souvent sous exposées et très peu agréables à regarder. Les scènes de combats restent assez classiques malgré les pouvoirs du héros.

Concernant le scénario, le film cherche à redéfinir la notion de la famille. Bill Baxter à un lourd passé avec sa mère, est passé de famille d’accueil en famille d’accueil, et à bien du mal à faire confiance aux adultes ou à quelqu’un en général. De plus, le scénario veut aussi montrer les travers la célébrité soudaine, avec le passage où Bill en version Shazam n’en fait qu’à sa tête. Ainsi, pour arriver à vaincre le méchant, il va devoir faire confiance aux autres, comme dans beaucoup de films de super-héros.

Malgré ses approches un peu intéressante du scénario, les film DC n’arrive toujours pas à me procurer le même plaisir que les films Marvel. J’espère que le prochain Wonder Woman me laissera moins indifférente !

Crédit photo: Allociné

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